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VTC : reconstituer son CA brut depuis ses relevés

Chauffeur VTC ou taxi : reconstituez votre CA brut (commission incluse) depuis vos relevés bancaires et évitez la sous-déclaration URSSAF.

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Chaque semaine, la plateforme vous verse un virement sur votre compte. Vous regardez la somme, vous vous dites « voilà mon chiffre d’affaires » — et c’est précisément là que tout dérape. Ce virement est net de commission : la plateforme a déjà prélevé sa part avant de vous payer. Or l’URSSAF et le fisc ne veulent pas le net que vous touchez. Ils veulent le brut, c’est-à-dire le montant total payé par le passager, commission comprise. Beaucoup de chauffeurs VTC et de taxis déclarent le net sans le savoir, et se retrouvent en sous-déclaration — avec, au bout, un redressement. Ce guide vous montre comment reconstituer votre chiffre d’affaires brut à partir de vos relevés bancaires, chiffres à l’appui.

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Le piège du net : pourquoi votre relevé ment sur votre chiffre d’affaires

Posons le problème clairement, parce qu’il coûte cher à des milliers de chauffeurs chaque année.

Quand un passager règle une course, il paie un montant — appelons-le le prix brut. La plateforme encaisse ce montant, prélève sa commission (une part variable, souvent de l’ordre de 20 à 30 %), puis vous reverse le solde net par virement, généralement une fois par semaine. Sur votre relevé bancaire, vous ne voyez donc jamais le prix brut : vous ne voyez que le net qui atterrit sur votre compte.

Le problème, c’est que le régime fiscal, lui, raisonne en brut. En micro-entreprise, votre chiffre d’affaires à déclarer est constitué des sommes que vos clients vous doivent pour la prestation — le prix de la course payé par le passager — avant toute déduction de frais ou de commission. La commission de la plateforme est une charge, pas une réduction de votre CA. Elle ne se soustrait pas : elle est censée être couverte par l’abattement forfaitaire (nous y venons).

Concrètement, si vous déclarez le total de vos virements reçus, vous déclarez le net. Et le net est mécaniquement inférieur à votre vrai chiffre d’affaires du montant exact des commissions. Vous sous-déclarez sans même vous en rendre compte.

À retenir : le montant qui arrive sur votre compte n’est pas votre chiffre d’affaires. Votre CA brut = ce que vos virements nets auraient été si la commission n’avait pas été prélevée en amont.

Pourquoi est-ce risqué ? Parce que les plateformes transmettent à l’administration un récapitulatif de ce qu’elles ont facturé en votre nom. Un contrôleur peut parfaitement rapprocher un chauffeur qui a déclaré, disons, 45 000 € sur l’année quand la plateforme en a remonté 60 000 € pour la même période. L’écart, ce sont les commissions oubliées. Reconstituer proprement votre brut n’est donc pas du zèle : c’est votre protection.

Pour la conversion pas-à-pas de vos relevés en tableur (la mécanique générale, tous formats), reportez-vous au guide du chauffeur VTC. Ici, on se concentre entièrement sur une seule chose : passer du net de vos relevés au brut à déclarer.

La méthode : croiser vos relevés avec le récapitulatif de la plateforme

Reconstituer votre CA brut repose sur un principe simple : le relevé bancaire vous donne le net encaissé ; le récapitulatif de la plateforme vous donne le brut et la commission. En croisant les deux, vous reconstituez la vérité fiscale. Voici le workflow, celui que vous répéterez chaque mois ou chaque trimestre en quelques minutes.

1. Récupérer et convertir vos relevés bancaires

Téléchargez le relevé officiel de votre compte professionnel, mois par mois, au format PDF. Puis convertissez-le en tableur : un outil comme BankStatementLab lit votre relevé bancaire PDF et restitue vos transactions en Excel, CSV ou JSON en quelques secondes, dates et montants extraits fidèlement, prêts à trier. Vous obtenez une colonne propre de tous vos virements de plateforme reçus — votre base « net ».

L’intérêt d’avoir vos virements dans un tableur plutôt que dans un PDF figé : vous pouvez les isoler d’un filtre, les additionner d’une formule =SOMME(), et les mettre en regard des périodes de versement de la plateforme. C’est aussi ce qui vous sert de garde-fou quand vous reconstituez vos revenus pour l’impôt.

2. Récupérer le récapitulatif d’activité de la plateforme

Chaque plateforme met à disposition, dans votre espace chauffeur, un relevé d’activité (souvent hebdomadaire ou mensuel) détaillant, pour la période : le montant brut des courses, la commission prélevée, et le net reversé. C’est la pièce qui contient l’information manquante de votre relevé bancaire : la commission.

3. Rapprocher, période par période

C’est le cœur de la méthode. Pour chaque virement net de votre relevé, retrouvez la période correspondante dans le récapitulatif de la plateforme, et reconstituez :

CA brut = net reçu + commission prélevée

Additionnez les bruts de toutes les périodes du mois : vous obtenez votre chiffre d’affaires brut réel, celui à porter dans votre déclaration. Le net, lui, ne sert qu’à vérifier que l’argent est bien arrivé sur le compte (rapprochement de trésorerie).

4. Vérifier la cohérence

Le net reconstitué (brut − commission) doit correspondre, à l’euro près, aux virements de votre relevé converti. Si un virement du relevé ne trouve pas sa contrepartie, c’est peut-être un décalage de date de versement, une retenue (avance, ajustement) ou une course réglée hors plateforme à réintégrer. Ce rapprochement est exactement la même logique que le rapprochement bancaire automatisé : on part du relevé et on remonte à la réalité de l’activité.

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Exemple chiffré : du net des virements au CA brut à déclarer

Prenons un mois type. Sur votre relevé bancaire converti en tableur, vous ne voyez que les quatre virements hebdomadaires de la plateforme. Voici ce que la banque vous montre :

DateLibellé (relevé)Crédit reçu (€)
07/06VIR PLATEFORME VTC+840,00
14/06VIR PLATEFORME VTC+915,00
21/06VIR PLATEFORME VTC+787,50
28/06VIR PLATEFORME VTC+1 050,00
Total encaissé+3 592,50

Si vous vous arrêtez là, vous déclarez 3 592,50 €. Et vous vous trompez.

Maintenant, croisons chaque virement avec le récapitulatif d’activité de la plateforme, qui indique le brut et la commission de chaque semaine (ici, une commission de 25 % à titre d’illustration — vérifiez toujours votre taux réel) :

PériodeNet reçu (relevé)Commission plateformeCA brut (payé par le passager)
Semaine 1840,00280,001 120,00
Semaine 2915,00305,001 220,00
Semaine 3787,50262,501 050,00
Semaine 41 050,00350,001 400,00
Total3 592,501 197,504 790,00

Le verdict est net : votre chiffre d’affaires brut du mois est de 4 790,00 €, pas 3 592,50 €. L’écart — 1 197,50 € — correspond exactement aux commissions que la plateforme a prélevées avant de vous payer. C’est de l’argent que vous n’avez jamais vu sur votre compte, mais qui fait partie de votre CA parce que le passager, lui, l’a bien payé.

Projetez cet écart sur une année : à ce rythme, ce sont environ 14 370 € de chiffre d’affaires qui disparaîtraient de vos déclarations si vous vous fondiez sur vos seuls virements. C’est très exactement le type d’écart qu’un contrôle rapproche avec les données transmises par la plateforme.

Voyons enfin ce que ce brut déclenche côté cotisations et impôt, en micro-BIC :

ÉlémentCalcul (sur le CA brut)Montant indicatif
CA brut déclarécourse passager, commission incluse4 790,00 €
Abattement forfaitaire micro-BIC (50 %)4 790,00 × 50 %2 395,00 €
Base imposable à l’impôtaprès abattement2 395,00 €
Cotisations sociales URSSAF (taux prestations de services BIC)4 790,00 × taux en vigueur (de l’ordre de 21 %)≈ 1 015 €

Point capital : l’abattement de 50 % et les cotisations se calculent sur le brut (4 790 €), pas sur le net (3 592,50 €). L’abattement forfaitaire est justement là pour couvrir vos charges — carburant, assurance, entretien et commission de plateforme. Vous ne déduisez donc pas la commission « en plus » : elle est déjà réputée absorbée par l’abattement. Déclarer le net reviendrait à la déduire deux fois — ce que le régime micro n’autorise pas.

Les pièges qui font sous-déclarer (et comment les éviter)

Au-delà du piège central du net, plusieurs erreurs récurrentes gonflent l’écart entre ce que vous déclarez et ce que vous devriez déclarer :

  • Prendre le total des virements pour le CA. L’erreur numéro un, celle de l’exemple ci-dessus. Le virement est toujours net ; le CA est toujours brut. Ne déclarez jamais un montant sans l’avoir croisé avec la commission.
  • Oublier les courses réglées hors plateforme. Une course payée en espèces, par carte via votre propre terminal, ou par virement direct d’un client, n’apparaît pas forcément dans le récapitulatif de la plateforme. Ces recettes sont du CA brut à 100 % (sans commission à réintégrer) et doivent s’ajouter. Votre relevé bancaire les capture — d’où l’intérêt de le convertir intégralement.
  • Ignorer les pourboires. Selon leur mode de versement, les pourboires peuvent constituer une recette imposable. Dans le doute, tracez-les.
  • Confondre BIC et BNC. Le transport de personnes est une activité commerciale : vous relevez des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), pas des BNC. Pas de déclaration n° 2035 ici — c’est le régime micro-BIC (ou le réel BIC) qui s’applique. Une confusion de régime fausse tout le calcul.
  • Se tromper de seuil et d’abattement. Le micro-BIC de prestation de services applique un abattement de 50 % et reste ouvert sous un plafond de chiffre d’affaires réglementaire (de l’ordre de 83 600 € — vérifiez le seuil en vigueur, qui est revalorisé périodiquement). C’est bien le brut qui compte pour apprécier ce seuil : à sous-déclarer, on croit à tort rester loin du plafond.
  • Attendre la fin de l’année pour tout reconstituer. Croiser douze mois de relevés et de récapitulatifs d’un seul coup est décourageant. Faites-le au rythme de vos déclarations URSSAF (mensuelles ou trimestrielles) : quelques minutes à chaque fois.

Un mot sur la TVA : le transport de personnes relève du taux réduit de 10 % sur le transport « sec » (d’un point à un autre). Vous n’êtes concerné qu’au-delà du seuil de franchise en base (de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers d’euros de CA — vérifiez le seuil en vigueur). En dessous, vos courses ne portent pas de TVA. Mais là encore, l’appréciation du seuil se fait sur le brut, pas sur le net : encore une raison de le reconstituer correctement.

Une fois vos relevés dans un tableur, catégoriser vos mouvements automatiquement (virements plateforme, courses directes, carburant, leasing) rend ce rapprochement quasi mécanique d’un mois sur l’autre.

Confidentialité : vos relevés révèlent vos revenus, pas question de les laisser traîner

Un relevé bancaire de chauffeur, c’est votre activité à nu : combien vous gagnez, quand, à quel rythme, sur quelle plateforme. Le confier à un convertisseur en ligne qui stocke vos fichiers sur ses serveurs est un risque réel et inutile.

C’est pourquoi le choix de l’outil compte. BankStatementLab ne conserve pas le PDF source après extraction : votre relevé est traité, converti, puis le fichier n’est pas stocké. Vous récupérez votre Excel ou votre CSV, et vos données bancaires ne restent nulle part. Pour un indépendant qui manipule chaque mois le détail de ses recettes, c’est un critère de sérieux non négociable. Si vous partagez ensuite vos données avec un comptable, pensez aussi à anonymiser ce qui n’a pas à circuler.

Côté usage, l’outil fonctionne sur un système de crédits simple — 1 crédit = 1 page de relevé — avec une offre d’entrée à quelques euros par mois, largement suffisante pour les relevés mensuels d’un chauffeur sur l’année.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer le montant que la plateforme me verse ou le montant payé par le passager ?

Le montant payé par le passager, c’est-à-dire le prix brut de la course, commission comprise. En micro-entreprise, votre chiffre d’affaires est constitué des sommes dues par vos clients pour la prestation, avant toute déduction. Le virement que vous recevez est net de commission : il est donc inférieur à votre vrai CA. Déclarer ce net revient à sous-déclarer du montant exact des commissions prélevées sur la période.

Comment retrouver mon CA brut si je n’ai que mes relevés bancaires ?

Vos relevés seuls ne suffisent pas, car ils n’affichent que le net reçu. Il vous faut le récapitulatif d’activité de la plateforme, disponible dans votre espace chauffeur, qui indique le brut et la commission de chaque période. Convertissez vos relevés en tableur pour isoler proprement chaque virement, puis, période par période, faites : CA brut = net reçu + commission. La somme des bruts est votre chiffre d’affaires à déclarer.

Les courses réglées en espèces ou par mon propre terminal comptent-elles dans le CA brut ?

Oui, intégralement. Une course encaissée directement, sans passer par la plateforme, est du chiffre d’affaires brut à 100 % — il n’y a pas de commission à réintégrer puisqu’aucune n’a été prélevée. Ces recettes doivent s’ajouter à votre brut reconstitué. Si elles transitent par votre compte, votre relevé converti les capture ; si elles sont en espèces, tenez-en un registre des recettes à part.

Que se passe-t-il si j’ai déclaré le net au lieu du brut les mois précédents ?

Vous êtes en situation de sous-déclaration. Les plateformes transmettent leurs récapitulatifs à l’administration, qui peut rapprocher vos déclarations des montants réellement facturés en votre nom. En cas d’écart, un redressement des cotisations et de l’impôt, assorti de pénalités, est possible. Le réflexe : reconstituer vos bruts passés à partir de vos récapitulatifs et régulariser sans attendre. Mieux vaut corriger de soi-même qu’être rattrapé par un contrôle.

La commission de la plateforme est-elle déductible de mon chiffre d’affaires ?

Pas en micro-BIC. Le régime micro n’autorise aucune déduction de charges réelles : l’abattement forfaitaire de 50 % est réputé couvrir l’ensemble de vos frais, commission de plateforme comprise. Vous déclarez donc le brut plein, l’abattement fait le reste. Ce n’est que si vous passez au réel BIC que la commission devient déductible à l’euro près — mais c’est un autre régime, à arbitrer quand vos charges dépassent durablement 50 % de votre CA.

Chauffeur VTC ou taxi : suis-je en BIC ou en BNC ?

En BIC. Le transport de personnes est une activité commerciale, imposée dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux — pas dans celle des BNC (réservée aux professions libérales) et donc sans déclaration n° 2035. En micro, c’est le micro-BIC de prestation de services qui s’applique : abattement de 50 %, plafond de chiffre d’affaires à vérifier selon l’année. Cette distinction change le taux d’abattement et de cotisations : mieux vaut ne pas se tromper de case.

Conclusion : votre CA brut, reconstitué en quelques minutes

Le montant qui arrive sur votre compte n’est pas votre chiffre d’affaires — c’est ce qu’il reste après commission. Reconstituer votre CA brut, c’est simplement remettre la commission là où elle appartient : dans votre CA. La méthode tient en une ligne : convertissez vos relevés en tableur pour isoler vos virements nets, croisez-les avec le récapitulatif de la plateforme, et faites brut = net + commission. Vous déclarez juste, vous appréciez correctement vos seuils, et vous êtes à l’abri d’un rapprochement avec les données de la plateforme.

Le point de départ, à chaque fois, c’est un relevé propre et exploitable plutôt qu’un PDF figé.

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Écrit par bankStatementLab Team