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Dentiste : suivre le coût du laboratoire par relevé

Isolez les paiements au laboratoire et les encaissements liés aux prothèses, puis suivez un ratio de trésorerie sans le confondre avec la marge.

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Votre relevé permet de repérer les paiements au laboratoire et certains encaissements liés aux prothèses. Il ne révèle cependant pas, à lui seul, la marge exacte de chaque dossier : une remise carte ou un virement de tiers payant peut regrouper plusieurs actes, tandis qu’une facture labo peut être réglée sur un autre mois. Le bon usage du relevé consiste donc à construire un indicateur de trésorerie, puis à le rapprocher des factures, avoirs et données du logiciel métier pour obtenir une marge par travail.

Ce guide ne réexplique pas comment convertir un relevé — pour la conversion pas-à-pas, voir le guide du dentiste. Ici, on se concentre sur un seul job : utiliser les flux bancaires pour contrôler le coût du laboratoire sans les confondre avec une marge par dossier.

Le poste qui grignote votre marge sans que vous le voyiez

Pour un cabinet relevant des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) sous déclaration contrôlée, la déclaration de résultat passe par la n° 2035. Sur la TVA, le champ doit être vérifié produit par produit : le BOFiP consacré aux professions médicales et aux prothésistes dentaires réserve notamment l’exonération aux prothèses ou éléments répondant à sa définition et fabriqués sur commande pour l’usage exclusif d’un patient déterminé. Une orthèse ou une fourniture hors de ce champ peut suivre un autre traitement.

Le logiciel métier connaît les actes et factures ; le relevé connaît les flux encaissés et décaissés. Les rapprocher permet de repérer les écarts de date, les règlements manquants ou les paiements labo inattendus. Sans cette correspondance, soustraire deux totaux mensuels mélange potentiellement des dossiers et des périodes différents.

  • une hausse des tarifs de votre prothésiste absorbée sans renégociation ;
  • un glissement vers des prothèses plus techniques (donc plus chères en labo) sans réévaluation de vos honoraires ;
  • des reprises ou des refontes qui doublent le coût labo d’un même acte.

Une lecture manuelle du PDF reste possible, mais devient vite laborieuse lorsque les paiements sont noyés parmi les autres mouvements. Le tableur facilite le filtrage des paiements au laboratoire ; l’identification des recettes prothétiques exige souvent une donnée complémentaire (facture patient, bordereau de remise ou décompte de tiers payant).

Ce que votre relevé sait déjà sur votre laboratoire

Le PDF est conçu pour la consultation, pas pour les filtres et formules. Selon sa structure, un copier-coller vers Excel peut désaligner dates, libellés et montants. Pour comprendre ce que signifient réellement ces VIR, PRLV et CB, voir notre guide sur les libellés de relevé bancaire.

Une fois vos transactions dans des colonnes nettes (date, libellé, débit, crédit), en revanche, le job devient une affaire de deux filtres et d’une soustraction :

Ce que le PDF vous cacheCe que le tableur vous donne
Les encaissements identifiables liés à la prothèse=SOMME() après rapprochement avec les justificatifs
Le total versé à votre laboratoire=SOMME() sur les lignes « Labo »
Un écart de trésorerie (encaissements − paiements labo)Une soustraction à ne pas confondre avec la marge comptable
Le ratio paiements labo / encaissements identifiésUn indicateur à interpréter avec les décalages de règlement
La dérive dans le tempsUne colonne par mois, un coup d’œil

Un fichier Excel (.xlsx) ou CSV facilite cette préparation. L’import comptable n’est pas universel : chaque logiciel peut imposer son format, son ordre de colonnes et ses règles de signe. Vérifiez le modèle attendu avant l’import.

Méthode : isoler les flux liés aux prothèses et au laboratoire

Voici un workflow mensuel dont la durée dépend du volume et de la qualité des libellés.

1. Récupérer le relevé PDF du compte professionnel

Téléchargez le relevé officiel de votre compte dédié à l’activité, mois par mois. Un compte séparé du personnel est vivement conseillé : il rend vos relevés directement exploitables, sans avoir à démêler chaque ligne privée.

2. Convertir le PDF en tableur

Déposez le PDF dans un convertisseur dédié aux relevés bancaires comme BankStatementLab : vous pouvez exporter les transactions détectées en Excel, CSV ou JSON. Contrôlez toujours les lignes extraites avec le relevé d’origine avant de calculer ou d’importer. La mécanique générique est détaillée dans notre guide relevé bancaire PDF → Excel ou CSV.

3. Marquer les deux familles de lignes

Ajoutez une colonne « Poste » et n’y renseignez que ce qui touche à la prothèse. Deux valeurs suffisent pour le job :

PosteExemples de libellés sur le relevéSens
Prothèse — encaissement rapprochéRèglement relié à une facture, un décompte ou un bordereau identifiéRecette à contrôler
Prothèse — coût laboVIR / PRLV au nom de votre laboratoire ou prothésisteDépense pro
(le reste)Soins conservateurs, URSSAF, CARCDSF, loyer, prélèvements privésHors périmètre

Vous pouvez préclasser ces catégories automatiquement : une règle sur le nom du laboratoire repère les candidats « coût labo ». Validez ensuite chaque ligne, notamment les avoirs, contre-passations et homonymes. Les encaissements agrégés nécessitent un rapprochement avec leur bordereau.

4. Rapprocher avant de calculer

Filtrez les encaissements effectivement rapprochés, puis les paiements au laboratoire. Leur différence donne un écart de trésorerie sur le périmètre identifié, pas une marge comptable complète. Pour une marge par dossier, associez l’acte, la facture patient, les règlements, la facture labo et les éventuels avoirs au même numéro de travail.

Exemple chiffré : un indicateur de trésorerie simplifié

Voici un exemple fictif et simplifié dans lequel chaque encaissement a déjà été relié à un justificatif. Dans la réalité, une remise carte ou un virement de mutuelle peut agréger plusieurs actes : ne classez pas une ligne « prothèse » sur son seul montant.

DateLibelléMontant (€)Poste
03/06VIR PATIENT COURONNE CERAM+540,00Prothèse — honoraires
06/06VIR MUTUELLE PRISE EN CHARGE PROTHESE+420,00Prothèse — honoraires
08/06VIR LABORATOIRE PROTHESE−312,00Prothèse — coût labo
12/06CB PATIENT BRIDGE 3 ELEMENTS+1 260,00Prothèse — honoraires
15/06PRLV LABO DENTAIRE−458,00Prothèse — coût labo
20/06VIR PATIENT PROTHESE SUR IMPLANT+980,00Prothèse — honoraires
24/06VIR LABO PROTHESE (REPRISE)−210,00Prothèse — coût labo

Le calcul tombe tout seul :

  • Honoraires prothèse encaissés : 540,00 + 420,00 + 1 260,00 + 980,00 = 3 200,00 €
  • Coût du laboratoire : 312,00 + 458,00 + 210,00 = 980,00 €
  • Écart de trésorerie sur les lignes rapprochées : 3 200,00 − 980,00 = 2 220,00 €
  • Poids du labo : 980,00 ÷ 3 200,00 = ≈ 30,6 % de vos recettes prothèse

Ce ratio décrit les flux retenus dans l’exemple. Il ne calcule ni la marge nette ni le coût complet : il manque notamment le temps de fauteuil, les consommables, les charges de structure, les impayés et les décalages entre acte, facture et règlement. Il sert d’alerte de trésorerie ; la décision de gestion doit s’appuyer sur les dossiers et factures correspondants.

Notez au passage la ligne fictive du 24/06 : une reprise libellée séparément. Le filtre aide à la repérer, puis la facture ou l’avoir permet de déterminer son traitement réel.

Suivre le ratio dans le temps, pas une seule fois

Un mois isolé peut être fortement déformé par les délais. En empilant vos relevés convertis, vous pouvez suivre un indicateur glissant — à condition de conserver le même périmètre et de signaler les flux non rapprochés :

MoisEncaissements rapprochés (€)Paiements labo (€)Écart de trésorerie (€)Ratio labo / encaissements
Avril2 850,00790,002 060,00≈ 27,7 %
Mai3 040,00910,002 130,00≈ 29,9 %
Juin3 200,00980,002 220,00≈ 30,6 %

Dans cet exemple, le ratio augmente. Le tableau ne permet pas d’en attribuer la cause : il invite à contrôler le mix d’actes, les tarifs, les reprises et surtout la correspondance des périodes. Pour aller plus loin, ce suivi s’intègre dans un tableau de suivi de trésorerie.

Les pièges à éviter

  • Confondre marge et trésorerie. Le relevé date les paiements ; le dossier métier date les actes et factures. Gardez les deux lectures distinctes.
  • Oublier une part de règlement. Patient, organisme et remise carte peuvent apparaître séparément ou de façon agrégée. Rapprochez-les avec les justificatifs plutôt que de les deviner.
  • Rater les reprises et refontes. Un même dossier peut générer plusieurs factures, paiements ou avoirs. Rapprochez-les tous avant d’interpréter le coût.
  • Mélanger compte pro et perso. Sans compte dédié, isoler les lignes labo devient un casse-tête. Un compte séparé règle le problème à la source.
  • Ne le faire qu’une fois par an. Un contrôle périodique facilite l’identification des anomalies et la recherche des justificatifs.
  • Faire confiance à l’extraction sans contrôle. Une conversion réduit la ressaisie, mais n’élimine ni les erreurs d’extraction ni les erreurs de classement. Comparez les totaux et quelques lignes au PDF source.

La confidentialité : vos relevés parlent de vos patients

Vos relevés révèlent vos revenus, vos fournisseurs et parfois des libellés identifiants. Vérifiez donc les durées de conservation et les accès de tout outil utilisé. Avec BankStatementLab, le fichier source d’une extraction réussie est supprimé après traitement. En cas d’échec, il peut être conservé jusqu’à 14 jours pour permettre le diagnostic. Pour un compte authentifié, les résultats restent jusqu’à leur suppression manuelle, sauf si la purge automatique optionnelle est activée. Elle est désactivée par défaut ; lorsqu’elle est activée, elle est réglable de 1 à 30 jours, avec 14 jours comme valeur initiale. Les données invité sont purgées dans le délai prévu par le service. Si vous transmettez ensuite le fichier, voyez aussi comment anonymiser un relevé bancaire.

L’outil fonctionne par crédits : l’extraction standard consomme 1 crédit par page et le modèle avancé 2 crédits par page. L’offre d’entrée inclut 5 crédits ; vérifiez la tarification à jour selon votre volume réel.

Questions fréquentes

Comment calculer précisément ma marge sur les prothèses à partir de mes relevés ?

Vous ne pouvez pas calculer précisément une marge par prothèse avec le seul relevé. Utilisez-le pour pointer les paiements et encaissements, puis reliez chaque dossier à sa facture patient, ses règlements, la facture du laboratoire et ses éventuels avoirs. Sans ce rapprochement, le résultat reste un indicateur de trésorerie.

Le décalage entre l’acte et le paiement fausse-t-il le suivi ?

Oui, il peut fausser le ratio d’un mois, et des périodes plus longues ne garantissent pas une compensation parfaite. Utilisez un rapprochement par dossier pour une mesure précise, ou présentez la série glissante comme un indicateur de trésorerie avec ses limites.

Dois-je récupérer la TVA sur les factures de mon laboratoire de prothèse ?

Le BOFiP prévoit une exonération pour les prothèses et éléments qui satisfont ses conditions, notamment la fabrication sur commande pour un patient déterminé. Une orthèse ou un autre produit peut relever d’un régime différent. Contrôlez la facture et faites valider les cas particuliers.

Où le coût du laboratoire apparaît-il dans ma déclaration 2035 ?

Le relevé permet de contrôler les décaissements, mais ne fournit pas à lui seul un total fiscal exact. Conservez les factures et avoirs, puis faites valider leur déductibilité et la rubrique de rattachement par votre comptable. L’administration rappelle les obligations de la déclaration contrôlée dans sa documentation BNC officielle.

Faut-il un logiciel de comptabilité ou un tableur suffit-il pour ce suivi ?

Un tableur suffit pour pointer les flux et construire un indicateur. Une marge par dossier exige aussi les factures, avoirs et données métier. Pour importer ensuite un CSV, vérifiez le modèle attendu par votre logiciel : les colonnes et formats ne sont pas universels. Voir la saisie comptable à partir d’un relevé.

Combien de temps dois-je conserver mes relevés et factures de laboratoire ?

Les durées dépendent du document et du statut. Le BOFiP BNC indique six ans pour le livre-journal et les pièces justificatives ; Service-Public mentionne notamment dix ans pour les livres et pièces comptables d’une entreprise et cinq ans pour les documents bancaires. Appliquez la durée correspondant à votre situation, conservez le PDF original et voyez notre guide combien de temps garder ses relevés bancaires.

Conclusion : pilotez votre poste labo, ne le subissez pas

Convertir vos relevés bancaires en Excel ou CSV facilite le repérage des paiements au laboratoire et le contrôle des encaissements rapprochés. Ce tableau donne un signal de trésorerie ; la marge fiable naît du rapprochement avec les dossiers, factures et avoirs. Cette distinction évite de prendre une remise carte agrégée ou un simple décalage de règlement pour une dérive économique.

Convertissez votre relevé pour préparer votre contrôle du coût labo →

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