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L’agrégation bancaire DSP2 et l’extraction de relevés PDF ne résolvent pas le même problème. L’agrégation gagne sur le flux courant : une fois la connexion établie, elle rapatrie automatiquement les opérations récentes des comptes de paiement accessibles en ligne, sans action du client. L’extraction de relevés PDF gagne sur l’historique et sur la couverture : le relevé est une pièce que le client détient déjà, il existe pour tout établissement, il remonte aussi loin que son archivage et il survit à la clôture du compte. Le critère qui tranche est la profondeur : l’exemption d’authentification forte prévue par les normes techniques européennes ne couvre que le solde et les opérations des 90 derniers jours, et ce qui est exposé au-delà est décidé banque par banque, parfois sur deux mois seulement. Dans la pratique, l’un ne remplace pas l’autre : l’agrégation pour le courant, l’extraction PDF pour la reprise d’antériorité, les comptes hors périmètre et les trous de connexion.

Comment fonctionne l’agrégation bancaire DSP2 ?
L’agrégation bancaire DSP2 consiste à faire lire les comptes d’un client, avec son consentement, par un prestataire de services d’information sur les comptes (AISP) qui se connecte à l’interface dédiée de la banque au titre de la deuxième directive européenne sur les services de paiement.
Le statut du prestataire. En France, un acteur qui fournit uniquement ce service ne demande pas un agrément d’établissement de paiement : il adresse une demande d’enregistrement à l’ACPR, en application de l’article L. 522-11-2 du code monétaire et financier.
Le périmètre d’accès. L’article L. 133-41 du code monétaire et financier ouvre le droit d’accès sous réserve que le compte de paiement soit accessible en ligne, puis encadre l’AISP : accès aux seuls comptes désignés par l’utilisateur et aux opérations associées, interdiction de demander des données de paiement sensibles, utilisation aux seules fins du service demandé.
La ré-authentification : 180 jours, pas 90. Le règlement délégué (UE) 2022/2360 du 3 août 2022 a modifié les normes techniques issues du règlement délégué (UE) 2018/389 : l’authentification forte n’est plus exigée qu’au-delà de 180 jours, et ces règles s’appliquent depuis le 25 juillet 2023. L’exemption est en outre devenue obligatoire, le nouvel article 10 bis interdisant à la banque d’appliquer une authentification forte lorsque le client passe par un AISP dans les conditions prévues. Deux précisions comptent en exploitation : le délai est propre à chaque AISP et court depuis la dernière authentification forte appliquée ; la banque peut la réimposer pour des motifs dûment documentés d’accès frauduleux.
Le 90 jours n’a pas disparu, il a changé de rôle. Le chiffre ne désigne plus une fréquence de reconnexion mais l’étendue des données consultables sans authentification forte : le solde et les opérations des 90 derniers jours sur les comptes désignés. Pour remonter au-delà, une authentification forte reste nécessaire. L’Autorité bancaire européenne a confirmé que la portée de ces exemptions n’avait pas changé après la réforme de 2022 : solde et historique des 90 derniers jours restent accessibles ensemble, et non l’un ou l’autre. Une connexion maintenue sans authentification forte ne donne donc accès qu’à un trimestre glissant.
Ce qui transite. Le cabinet ne reçoit jamais les identifiants bancaires — l’authentification a lieu chez la banque, le prestataire manipule un jeton à durée limitée — mais des données structurées : solde, date, libellé, montant, sens.
Et la DSP3 ? Le paquet DSP3 et règlement sur les services de paiement (PSR) n’est pas encore du droit positif : la fiche de suivi du Parlement européen mise à jour le 20 juin 2026 le classait comme proche de l’adoption, une adoption formelle par le Parlement et le Conseil restant nécessaire. L’application effective n’interviendra que plusieurs trimestres après la publication au Journal officiel de l’Union européenne, sans date certaine à ce stade.
Comment fonctionne l’extraction de relevés PDF ?
L’extraction de relevés PDF part d’une pièce que le client détient déjà — son relevé de compte — et la convertit en lignes structurées, exportables en CSV ou en XLSX et directement exploitables dans Microsoft Excel, sans aucun accès au compte bancaire.
L’extraction d’un relevé PDF se joue en trois temps. D’abord la lecture : un relevé exporté depuis l’espace en ligne contient une couche texte, un relevé scanné n’en contient pas et exige un OCR ou un modèle de vision. Ensuite la reconstruction du tableau : un PDF ne stocke pas de colonnes, seulement des fragments de texte positionnés, ce qui oblige à réinférer les colonnes date, libellé, débit, crédit et solde à partir de leur géométrie — c’est là que les copier-coller manuels échouent, en désalignant les montants d’une ligne. Enfin l’export en CSV ou en XLSX, formats acceptés en import par QuickBooks, Xero, Pennylane ou Sage.
La différence de nature avec l’agrégation pèse plus lourd que la différence de technologie : il n’y a pas d’accès au compte, donc pas de consentement d’accès à recueillir, pas de connexion à maintenir, pas de jeton à renouveler. Le relevé est un document arrêté, daté, émis par la banque, avec des soldes d’ouverture et de clôture qui permettent de contrôler l’exhaustivité de l’extraction.
L’extraction de relevés PDF a trois limites qu’il faut nommer aussi franchement. Un relevé PDF n’est pas du temps réel : il suit le rythme d’émission de la banque, généralement mensuel. Le libellé y est brut, et la qualité de l’extraction dépend de celle du document source. Coller un relevé dans un assistant généraliste comme ChatGPT, Claude ou Gemini permet d’en lire quelques lignes, mais ne garantit ni la stabilité du format de sortie, ni la tenue des colonnes sur un document long, ni le traitement par lot. Le contrôle de solde, lui, reste une vérification que vous posez vous-même, quel que soit l’outil.
Agrégation DSP2 ou extraction PDF : la comparaison point par point
Onze critères séparent l’agrégation bancaire DSP2 de l’extraction de relevés PDF : profondeur d’historique, couverture des banques, comptes clôturés, fraîcheur des données, mise en place, dépendance à une connexion, gestion du consentement, structure de coût, données disponibles, maîtrise RGPD et comptes étrangers. Aucun des deux ne gagne sur les onze.
| Critère | Agrégation bancaire DSP2 | Extraction de relevés PDF |
|---|---|---|
| Profondeur d’historique | Solde et 90 derniers jours sans authentification forte ; au-delà, profondeur décidée par chaque banque | Aussi loin que le client conserve ses relevés, exercices clos compris |
| Couverture des banques | Établissements soumis au cadre européen, exposant une interface conforme et intégrés par l’agrégateur | Universelle : tout établissement qui émet un relevé |
| Comptes clôturés | Hors périmètre : un compte fermé n’est plus accessible en ligne | Relevés émis avant la clôture toujours exploitables |
| Fraîcheur des données | À chaque synchronisation, dans la limite de ce que la banque publie | Rythme d’émission du relevé, généralement mensuel |
| Mise en place | Contrat, intégration, consentement par client et par banque | Aucune intégration : le client transmet un fichier |
| Dépendance à une connexion | Forte : indisponibilité, consentement expiré ou changement d’authentification interrompent le flux | Nulle une fois le fichier obtenu |
| Gestion du consentement | Compte par compte, ré-authentification au moins tous les 180 jours, compteur propre à chaque prestataire | Aucun accès consenti : transmission ponctuelle d’une pièce |
| Structure de coût | Récurrente, proportionnelle au nombre de connexions maintenues | Ponctuelle, proportionnelle au volume traité, nulle à l’arrêt |
| Données disponibles | Données de l’interface, souvent normalisées et catégorisées | Libellé brut, plus soldes d’ouverture et de clôture servant de contrôle |
| Maîtrise RGPD | Accès continu : finalité, durée, sous-traitance et retrait à encadrer | Périmètre borné par le document transmis |
| Comptes étrangers | Dépend de la couverture effective du prestataire | Un relevé reste un relevé : seul le format change |
La première ligne contredit une idée reçue tenace : il n’existe pas de profondeur d’historique harmonisée en DSP2. La norme technique fixe le périmètre accessible sans authentification forte et laisse chaque banque décider du reste. La documentation publique de l’API d’information sur les comptes du Groupe BPCE, consultée en juillet 2026, aligne cette profondeur sur celle de la banque en ligne : 62 jours au maximum pour les particuliers et petits professionnels, 90 jours au maximum pour les grands professionnels et entreprises, dans la limite de 500 opérations et sans pagination gérée par l’interface. On est loin des douze à vingt-quatre mois d’historique que l’on prête parfois à l’agrégation.
Les cinq situations où l’agrégation DSP2 ne suffit pas
Cinq situations sortent structurellement du périmètre de l’agrégation bancaire DSP2, et aucune ne se résout par un meilleur agrégateur.
1. La reprise d’antériorité. L’article L. 123-22 du code de commerce fixe à dix ans la durée de conservation des documents comptables et des pièces justificatives. Aucune interface DSP2 ne remonte à dix ans : l’exemption sans authentification forte plafonne à 90 jours, et la profondeur réellement exposée peut être plus courte encore. Sur un exercice clos, un bilan de première année ou un dossier de financement, le relevé PDF est la seule pièce disponible.
2. Le compte hors périmètre. La DSP2 n’ouvre l’accès qu’aux comptes de paiement, et l’Autorité bancaire européenne a confirmé que les banques n’ont pas d’obligation de communiquer la liste des comptes qui n’en sont pas. Un livret d’épargne ou un compte-titres n’entre donc pas dans le champ de l’obligation, pas plus que le compte qui n’est simplement pas accessible en ligne.
3. Le compte clôturé. La documentation d’interface du Groupe BPCE restreint le service aux comptes de paiement actifs, accessibles en ligne et libellés en euros. Un compte fermé n’étant plus accessible en ligne, il sort du périmètre du droit d’accès — alors que ses relevés PDF existent toujours.
4. La rupture de connexion. Consentement expiré, interface indisponible, parcours d’authentification modifié, authentification forte réimposée pour fraude : le flux s’arrête et un trou apparaît dans l’historique. La fiabilité n’est pas un sujet d’opinion : l’article 32 du règlement délégué (UE) 2018/389 impose aux banques de publier trimestriellement des statistiques de disponibilité de leur interface dédiée. Pour l’ordre de grandeur, les statistiques publiques de l’écosystème britannique d’open banking — hors DSP2 — font état pour juin 2026 d’une disponibilité moyenne non pondérée de 99,35 % et de 0,50 % d’appels d’API en échec, soit un peu plus de 14,1 millions d’échecs sur le mois. Ces chiffres mesurent des appels techniques, pas des parcours clients.
5. Le client qui ne partage pas ses accès. C’est un argument de bon sens plus qu’un fait réglementaire : certains dirigeants refusent qu’un tiers dispose d’un accès continu à leurs comptes, même limité en lecture. Leur demander un relevé PDF est alors la seule voie qui aboutit.

Les quatre situations où l’agrégation bancaire est clairement supérieure
Quatre cas d’usage donnent un avantage structurel à l’agrégation bancaire DSP2, qu’aucune extraction de PDF ne couvrira.
1. Le suivi quotidien de trésorerie. Une position consolidée sur plusieurs comptes exige une lecture quotidienne : attendre un relevé mensuel pour connaître un solde n’a pas de sens.
2. Le rapprochement en continu. Rapprocher factures et encaissements au fil de l’eau suppose de voir les opérations quelques jours après leur exécution, pas trente jours plus tard — et plus le rapprochement est proche de l’opération, plus le libellé reste interprétable.
3. Le volume élevé et récurrent sur un périmètre stable. Quand les mêmes comptes sont lus mois après mois, le coût de la connexion s’amortit sur douze mois de lecture, alors que la collecte de documents reste une action manuelle à répéter côté client.
4. L’alerting. Détecter un solde sous un seuil, un prélèvement inattendu ou une échéance impayée suppose une donnée fraîche et un déclencheur automatique : un fichier transmis une fois par mois ne permet pas de bâtir une alerte utile.
Le coût réel : deux structures de coût opposées
L’agrégation bancaire et l’extraction de relevés PDF ne s’arbitrent pas sur le montant facturé : leurs structures de coût sont de nature opposée, et c’est cette opposition qui doit guider le choix.
| Dimension économique | Agrégation bancaire DSP2 | Extraction de relevés PDF |
|---|---|---|
| Unité de facturation | Connexion active, appel d’interface, palier de volume | Document ou page effectivement traité |
| Comportement dans le temps | Récurrent : le coût court tant que la connexion est maintenue | Ponctuel : le coût suit le volume traité et cesse avec lui |
| Dossier dormant ou client inactif | Non nul tant que la connexion existe | Nul |
| Investissement initial | Contrat, intégration, parcours de consentement à déployer | Quasi nul : un fichier suffit |
| Sensibilité au périmètre | Croît avec le nombre de comptes connectés | Croît avec le nombre de pages traitées |
| Zone de rentabilité | Périmètre stable, lecture continue, forte récurrence | Besoins ponctuels, rétrospectifs ou dispersés |
La conséquence est directe : un cabinet qui connecte tout son portefeuille paie aussi pour les dossiers annuels qu’il ne traite qu’une fois par an, alors qu’en extraction de relevés PDF ces dossiers ne coûtent qu’au moment de la production. La bascule ne se raisonne donc pas par client, mais par profil de dossier.
Comment combiner agrégation DSP2 et extraction PDF : l’architecture à deux flux
L’architecture qui tient dans la durée sépare le flux courant du flux historique et affecte une technologie à chacun, en plaçant la frontière là où la banque arrête d’exposer ses données.
- Séparez les deux flux dès la conception : un flux courant, qui couvre le mois en cours et le précédent, et un flux historique, qui couvre tout ce qui est antérieur.
- N’ouvrez la connexion d’agrégation que sur les comptes de paiement réellement utilisés par l’activité. Chaque compte désigné en plus est un coût récurrent et une surface RGPD supplémentaire.
- Mesurez la profondeur réellement exposée dès la première synchronisation : la date de l’opération la plus ancienne remontée par chaque banque définit la frontière exacte entre vos deux flux.
- Reprenez l’antériorité par les relevés PDF : demandez au client ses relevés depuis la date de reprise, convertissez-les en CSV ou en XLSX, importez-les dans le logiciel comptable.
- Posez un contrôle de continuité mensuel en comparant le solde de fin de mois remonté par l’agrégation au solde de clôture imprimé sur le relevé PDF du même mois. Un écart signale une opération manquante ou dupliquée.
- Comblez immédiatement les trous par le relevé PDF dès qu’une connexion tombe ou qu’un consentement expire, au lieu d’attendre la reconnexion du client.
- Traitez uniquement par relevé PDF ce qui est hors périmètre DSP2 : comptes clôturés, livrets et comptes-titres, comptes non accessibles en ligne, établissements non intégrés.
- Programmez la reconnexion avant l’échéance des 180 jours plutôt que de la subir, en gardant à l’esprit que le compteur est propre à chaque prestataire.
- Documentez les deux traitements séparément au registre des activités de traitement.
Une fois cette architecture posée, la ligne de partage se lit dossier par dossier plutôt que client par client.
| Besoin du dossier | Technologie à retenir | Raison technique |
|---|---|---|
| Position de trésorerie consolidée, lue chaque jour | Agrégation bancaire DSP2 | Seule source rafraîchie sans action du client entre deux relevés |
| Reprise d’antériorité sur un ou plusieurs exercices clos | Extraction de relevés PDF | Aucune interface DSP2 ne remonte au-delà de quelques mois, quand le code de commerce impose dix ans de conservation |
| Livret d’épargne, compte-titres, compte non accessible en ligne | Extraction de relevés PDF | Ces comptes ne sont pas des comptes de paiement au sens de la DSP2, donc hors obligation d’accès |
| Compte bancaire clôturé | Extraction de relevés PDF | Le droit d’accès suppose un compte accessible en ligne ; les relevés émis avant la clôture, eux, subsistent |
| Trou dans l’historique après une connexion tombée ou un consentement expiré | Extraction de relevés PDF | Le relevé du mois concerné comble le trou immédiatement, sans attendre la reconnexion du client |
| Rapprochement au fil de l’eau, alerte sur seuil de solde | Agrégation bancaire DSP2 | Le rythme mensuel d’émission d’un relevé ne permet pas de déclencher une alerte utile |
| Dossier annuel, faible volume, périmètre instable | Extraction de relevés PDF | Le coût cesse avec le traitement, alors qu’une connexion maintenue se paie toute l’année |
Ce que fait BankStatementLab sur la voie PDF
Les principes d’architecture décrits ci-dessus valent quel que soit l’outil de conversion retenu. Les paragraphes qui suivent décrivent une implémentation concrète de la voie PDF, à confronter à celle de tout autre outil.
Découpe page par page. Le PDF est découpé avant analyse et chaque page traitée isolément : aucune étape n’a besoin de tenir les quarante pages d’un relevé annuel à la fois. C’est la réponse directe au défaut qui fait qu’un assistant généraliste omet des lignes au milieu d’un document long.
Analyse en vision. Les pages passent par les capacités de vision de modèles Anthropic, OpenAI ou Google Gemini, et le produit détecte si le PDF possède une couche texte exploitable. Un relevé scanné ou photographié est donc lu, là où l’extraction de la couche texte ne rend rien.
Colonnes réconciliées entre les pages. Un service de regroupement rapproche les structures de colonnes d’une page à l’autre, ce qui les maintient stables quand la mise en page change en cours de relevé. Un document contenant plusieurs tableaux distincts est découpé en blocs séparés, pas aplati en une seule liste.
Sortie exploitable. Colonnes typées date, libellé, montant, catégorie ; export CSV et Excel, avec conversion en véritables dates Excel à l’export XLSX ; traitement de plusieurs fichiers dans une même opération ; consigne en langage naturel (offres payantes) ; API publique couvrant la création, la consultation, le listing et la suppression des extractions.
Suppression du document source. Le PDF est supprimé dès que l’extraction a réussi, et la référence au fichier en base est effacée dans le même mouvement. Les transactions extraites, elles, restent jusqu’à votre suppression : chaque utilisateur peut activer une purge automatique de ses extractions, réglable de 1 à 30 jours, désactivée par défaut et réglée sur 14 jours quand on l’active. Le détail du sort du fichier source figure plus bas, dans la section RGPD.
Rapporté aux cinq situations où l’agrégation ne suffit pas : la reprise d’antériorité et les comptes clôturés reposent sur des relevés anciens, souvent scannés, dont la mise en page a changé au fil des exercices — c’est ce que la vision, la découpe page par page et la réconciliation des colonnes visent à absorber. Aucun outil ne lit un relevé sans jamais se tromper : le contrôle des soldes décrit plus haut reste à votre charge.
RGPD : ce qui change entre agrégation et extraction de PDF
L’agrégation bancaire DSP2 et l’extraction de relevés PDF ne créent pas le même traitement de données personnelles : la différence porte sur l’étendue de ce qui est collecté et sur l’existence, ou non, d’un accès continu au compte.
Dans l’agrégation bancaire, le cabinet ou son prestataire dispose d’un accès continu aux comptes désignés. La collecte est par nature large : elle rapatrie tout ce que l’interface expose, y compris les opérations privées présentes sur un compte mixte. Le cadre légal pose des garde-fous — comptes désignés uniquement, interdiction des données de paiement sensibles, finalité limitée — mais l’architecture reste celle d’un flux permanent : finalité à documenter, sous-traitance à encadrer, durée de conservation à fixer, retrait du consentement à rendre effectif.
Dans l’extraction de relevés PDF, le client transmet une pièce précise, qu’il a choisie, pour une période qu’il a choisie. Le périmètre du traitement est borné par le document lui-même : c’est une application directe du principe de minimisation posé à l’article 5 du RGPD, qui veut que les données collectées soient adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire. Aucun accès n’est ouvert, donc aucun accès n’est à révoquer.
L’asymétrie tient donc à la surface d’exposition. Avec l’agrégation, ce qui est exposé n’est pas un fichier mais le canal d’accès lui-même et tout ce que l’interface publie, aussi longtemps que la connexion vit. Avec l’extraction, ce qui est en jeu en cas d’incident se limite au contenu d’un document arrêté, sur la seule période qu’il couvre : une surface bornée, plus proche de ce que la minimisation attend.
| Critère de surface | Agrégation bancaire DSP2 | Extraction de relevés PDF |
|---|---|---|
| Accès requis au compte bancaire | Accès en lecture consenti, maintenu dans la durée | Aucun : le client transmet un document qu’il détient déjà |
| Surface d’exposition en cas d’incident | Le canal d’accès et ce que l’interface publie, tant que l’accès vit | Le contenu du seul document transmis |
| Périmètre de données transmis | Ce que l’interface expose, opérations privées d’un compte mixte comprises | Les seules lignes du relevé choisi, pour la période choisie |
| Durée de conservation du document source | Sans objet : pas de document, mais un flux et des jetons à faire expirer | Dépend de l’outil : question à poser avant de transmettre le premier fichier |
| Contrôle de l’utilisateur sur la suppression | Retrait du consentement à rendre effectif chez le prestataire et la banque | Suppression du document et des données extraites, selon ce que l’outil permet |
Reste donc la question à poser à l’outil : que devient le PDF après traitement ? Chez BankStatementLab, le fichier source est supprimé dès que l’extraction a réussi, et aucun endpoint, ni dans l’application ni dans l’API publique, ne permet de le retélécharger : la capacité n’existe pas. Les données extraites, elles, subsistent jusqu’à leur suppression. Ces réponses doivent figurer dans le contrat de sous-traitance, quelle que soit la solution retenue.
À retenir
- La fréquence de ré-authentification en DSP2 est de 180 jours, pas de 90 jours, depuis l’application le 25 juillet 2023 des normes techniques modifiées par le règlement délégué (UE) 2022/2360.
- Le seuil de 90 jours subsiste comme périmètre de données : c’est l’historique consultable sans authentification forte, solde et opérations des 90 derniers jours.
- La profondeur exposée par une banque n’est pas harmonisée : la documentation du Groupe BPCE consultée en juillet 2026 fait état de 62 à 90 jours au maximum selon le segment de clientèle, dans la limite de 500 opérations.
- Cinq cas échappent structurellement à l’agrégation : reprise d’antériorité, compte hors périmètre, compte clôturé, rupture de connexion et refus du client de partager ses accès.
- Les deux structures de coût sont opposées : récurrente et proportionnelle aux connexions maintenues d’un côté, ponctuelle et proportionnelle au volume traité de l’autre.
- Le contrôle qui sécurise l’architecture combinée est le rapprochement mensuel des soldes entre le flux d’agrégation et le relevé PDF du même mois.
Questions fréquentes
La DSP2 impose-t-elle une ré-authentification tous les 90 jours ?
Non, le délai est de 180 jours depuis le 25 juillet 2023, à la suite de la modification des normes techniques de la DSP2 par le règlement délégué (UE) 2022/2360. Le compteur est propre à chaque prestataire et court depuis la dernière authentification forte appliquée pour cet accès.
Quelle profondeur d’historique une API DSP2 permet-elle de récupérer ?
Sans authentification forte, le périmètre se limite au solde et aux opérations des 90 derniers jours. Au-delà, une authentification forte est nécessaire et la profondeur dépend de chaque banque : la documentation du Groupe BPCE consultée en juillet 2026 mentionne 62 jours au maximum pour les particuliers et petits professionnels, 90 jours au maximum pour les grands professionnels et entreprises, dans la limite de 500 opérations.
Peut-on récupérer les transactions d’un compte bancaire clôturé par agrégation ?
En pratique non : le droit d’accès suppose un compte de paiement accessible en ligne, et la documentation d’interface du Groupe BPCE restreint le service aux comptes actifs. Les relevés PDF, eux, restent exploitables tant que le client les conserve.
L’agrégation bancaire couvre-t-elle les livrets d’épargne et les comptes-titres ?
Non, pas au titre de l’obligation légale : l’Autorité bancaire européenne a confirmé que les exigences d’accès aux données de la DSP2 ne portent que sur les comptes de paiement. Une banque peut exposer volontairement un livret ou un compte-titres, rien ne l’y contraint — d’où le recours au relevé PDF pour ces comptes.
Un agrégateur bancaire doit-il être agréé par l’ACPR ?
Non : un enregistrement suffit, pas un agrément. Un prestataire qui fournit uniquement le service d’information sur les comptes fait l’objet d’un enregistrement auprès de l’ACPR, et non d’un agrément d’établissement de paiement. L’article L. 522-11-2 du code monétaire et financier prévoit cette demande d’enregistrement préalable.
La DSP3 et le règlement PSR changent-ils la donne dès maintenant ?
Non. Au 20 juin 2026, la fiche de suivi législatif du Parlement européen classait le paquet comme proche de l’adoption, une adoption formelle par le Parlement et le Conseil restant nécessaire. L’application effective n’interviendra que plusieurs trimestres après la publication au Journal officiel de l’Union européenne ; jusque-là, la DSP2 et ses normes techniques modifiées s’appliquent.
Faut-il choisir entre agrégation DSP2 et extraction de relevés PDF ?
Non. L’agrégation couvre le flux courant, le suivi de trésorerie, le rapprochement en continu et l’alerting ; l’extraction de relevés PDF couvre l’historique profond, les comptes hors périmètre, les comptes clôturés et les ruptures de connexion. La frontière se fixe dossier par dossier.
Comment récupérer l’historique bancaire que l’agrégation DSP2 ne couvre pas ?
Par les relevés PDF que le client détient déjà : ils remontent aussi loin que son archivage et existent pour les comptes clôturés. C’est la voie qu’implémente BankStatementLab, qui découpe le relevé page par page, l’analyse en vision — donc lit aussi les archives anciennes et les scans — réconcilie les colonnes d’une page à l’autre et supprime le PDF source dès que l’extraction a réussi. Vérifiez toujours le résultat en comparant les soldes d’ouverture et de clôture.
Des relevés PDF à convertir en Excel ou en CSV, pour une reprise d’antériorité, un compte clôturé ou un trou de connexion ? Créez votre compte sur BankStatementLab.
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